Le récit d’une grande traversée

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UN TEXTE DE LA COLLABORATRICE MARIE LAROUCHE

Mon journal de bord dépeint normalement les récits de nos traversées, les belles chroniques de notre parcours et même à l’occasion, les tribulations parfois curieuses de nos voyages à voile. Toutefois, aujourd’hui, il sera question d’une aventure un peu différente… La naissance de ma fille, Kaia. Une aventure aussi imprévisible que la mer que nous naviguons depuis maintenant des années.

Pour ce voyage, un peu différent, c’est moi la capitaine. Mon corps est un voilier que je prépare depuis 9 mois pour cette traversée toute aussi merveilleuse que difficile.

La tempête qui fait des siennes un peu partout dans le monde change nos plans de voyage mais l’équipage est confiant et s’adapte, comme toujours.

Cela faisait maintenant une semaine que nous attendions l’arrivage, mais Kaia, malgré l’origine de son nom qui signifie océan, n’était toujours pas prête à prendre la mer. Elle était bien à l’aise là où elle était et se faisait attendre.

C’est donc aujourd’hui à 8:00 du matin que nous sommes forcés de partir malgré notre petite mousse qui tarde à se montrer le bout du nez.

Lorsque vient le temps de quitter le port, j’apprends que mon mari ne peut partir avec moi. Je quitte donc seule. Mon fidèle équipage contraint de me rejoindre plus tard.

Je perds tous mes repères, je suis seule pour passer à travers cette averse. La pluie sur mes joues m’empêchent de voir clair et de suivre mon plan de navigation.

Sans crier gare, la mer se lève et je tente de garder le cap malgré ces vagues nouvelles et ininterrompues qui me font peurs. Elles sont de plus en plus violentes et viennent se briser sur le voilier, sans relâche. Je me sens seule devant cet océan agité…

Je cherche un havre. Je demande de l’aide, une aide qui n’était pas prévue. Les vagues sévissent et je ne me sens pas capable de poursuivre sans ce secours. On me le donne… Je ressens ses effets, la mer se calme, les vagues se dissipent.

Philip arrive enfin à mes côtés.

Nous finissions ce voyage ensemble, une vague à la fois, sur une mer magnifique et maintenant tranquille où chaque coup de vent nous rapproche du port.

Ce matin à 11 heures, elle s’est enfin pointé le bout du nez. Une traversée de seulement trois heures qui changera nos vies à jamais…

Kaia, amenée par la mer, sortie de la tempête et née en cavale sous le soleil étranger d’un pays exotique, est le dernier membre de l’équipage du Ohana, mais avant tout, ma nouvelle petite fille Kaia que j’aime déjà.

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