Le retour au travail après un congé de maternité

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Avoir un enfant, c’est BIG! Mais personnellement, je ne m’étais pas imaginé à quel point la maternité était le Kilimandjaro. On est tellement dans un monde d’inconnus et d’apprentissages lors d’une première grossesse que je ne sais pas pour toi, mais moi je vivais dans le moment présent et c’était BEN EN MASSE! Je me posais un million de questions qui demeuraient sans réponse.

Quand ma première est née, j’ai eu beaucoup des réponses. Sauf que ce bébé est venu avec son lot de nouvelles interrogations, incompréhensions, appréhensions etc. Alors j’ai laissé le temps filer, au fil des jours, des semaines, des mois. J’ai pris soin de mon enfant, de mon corps, de mon couple. On s’est adaptés à notre nouvelle réalité, on a réorganisé notre vie à trois et on a appris à être parents.

Sauf que sans crier gare, la fin du congé de maternité est arrivée! Ding Ding Ding! C’était le retour au travail, pour moi dans ma toge d’avocate. OUCH. Coup dur de réalité, j’enlignais les journées à la Cour, les obstinages avec mon chum à savoir qui s’occuperait du bébé qui avait une otite, et les tâches de fin de semaine comme une super women. Wow. Le bordel de la conciliation travail-famille. Je n’aurais pas imaginé que cette épreuve en serait une des plus difficiles après la naissance de mon enfant!

Ça a donc été une surprise, mais aussi un peu un coup de chance, que notre 2e enfant a décidé de construire son nid dans ma bédaine. Je me suis mise à “tenir le coup” en attendant le 2e congé de maternité. Les longues journées de travail, l’absence de vie de couple, les fins de semaines essouflantes ont vite fait de faire place à un autre chapitre de ma vie: le congé de maternité avec un 2e enfant. Honnêtement, je ne vois pas comment j’aurais tenu plus longtemps. Aussi, je préférais ne pas penser au “après”, pour m’éviter des anxiétés inutiles.

Plus la fin du 2e congé approchait, plus je devais voir la vérité en face: je ne savais pas comment j’y arriverais. La réalité étant ce qu’elle est, mon 2e congé avait donné beaucoup de latitude à mon chum , qui s’est mis à voyager régulièrement pour son travail. J’entrevoyais déjà la bataille de l’horaire avec un peu {beaucoup} d’anxiété. Ayant en tête de négocier un retour à temps partiel au bureau le temps de m’adapter (idée folle quand tu es avocate, j’en conviens), je suis allée rencontrer les associées du bureau. En vain. Elles m’ont fortement recommandé de “faire comme tout le monde et d’engager une nounou”. De toutes façons, elles assumaient que “ma famille était complète, j’avais déjà mes deux enfants”. Ça a été le jour où j’ai dû prendre une décision sur mes priorités.

Je suis loin d’être une femme qui s’accomplit à la maison en tant que “femme au foyer”. Je veux dire, j’ai un fort besoin de me réaliser au travail. Mais pas comme ça, pas dans les circonstances proposées. Et ainsi, j’ai donné ma démission.

J’ai toujours eu espoir que la vie est bien faite et que quand on s’écoute, mais qu’on est aussi prête à travailler très fort, tout est possible. J’ai fait quelques jobines ici et là pour ensuite apprendre qu’un troisième rejeton était en route! Voilà que je me préparais alors à un autre congé de maternité… La grossesse était cette fois fort différente: je n’en pouvais plus. Je veux dire, malgré toute la reconnaissance du monde d’être enceinte pour la troisième fois, je me voyais mal assumer une fois de plus douze longs mois à la maison à faire des purées et à ramasser tout le monde, malgré les petits contrats de rédaction ici et là.

Lorsque la petite dernière a eu trois mois, j’ai eu une opportunité d’emploi. Tu sais, ce genre d’offre que tu ne peux pas refuser, qui correspond à toutes tes attentes: intérêt pour l’emploi, revenu raisonnable, horaire relativement flexible, HORS de la maison (c’était important pour moi à ce moment-là!), etc. J’ai dit oui. Et c’est pleine de culpabilité que ma petite dernière est rentrée à la garderie à temps plein à cinq mois.

C’est tout de même cocasse de constater qu’au Québec on est tellement habitués à ce congé infiniment long que l’on ressent de la culpabilité d’aller travailler après cinq mois, alors qu’aux États-Unis le congé peut être aussi court que deux semaines! Enfin, j’ai ADORÉ cet emploi!

Mais! Nous sommes partis au Texas et c’est cinq ans plus tard que j’ai eu mon autre petite dernière, la quatrième! Une toute autre réalité m’attendait cette fois, puisque je travaillais déjà à mon compte de la maison! Au moment où j’écris ces lignes, je l’entends se réveiller dans sa chambre. Et c’est ainsi que nous faisons équipe au quotidien, malgré ses dix-sept mois!

J’ai envie de te dire à toi, nouvelle maman qui se pose des questions sur son retour au travail, de ne pas trop t’en faire avec la suite des choses! La vie fait bien les choses et je suis certaine que naturellement, tu prendras les meilleures décisions pour t’ajuster à ta nouvelle vie de maman! En tant que mère, on veut souvent tout planifier, organiser et contrôler. Mais la vie nous attend souvent dans le détour alors lâchons prise, et faisons confiance à notre instinct!

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