L’arrivée d’un 4e enfant

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Je t’écris ces lignes alors que le compteur est en marche. Dans 24 minutes, 3 de mes 4 enfants seront sur le pas de la porte, avec la charge émotive d’une journée bien remplie, des devoirs à faire, des douches à prendre, le ventre vide et l’envie de bouger.

Tic tac tic tac. C’est toujours à ce moment de la journée que mon anxiété fait un petit “peak”. Je regarde ma “to do list” et me demande pour la Xe fois comment je ferai pour faire tout ce que j’ai à faire. #momlife

Retour en arrière: Il y a dix ans, j’étais la fille qui se demandait si elle aurait des enfants un jour. Le projet ne m’excitait pas. Je pense que c’est le divorce de mes parents qui m’avait complètement refroidie face à cette idée. Je ne voulais pas de ce qui semblait être un ramassi de responsabilités et de raisons de s’écoeurer.

Un jour, après l’emploi stable, la relation stable, l’achat du premier condo et la demande en mariage, le besoin s’en fait criant. Si je veux un enfant? Oui, HIER!

Et c’est ainsi que nous avons mis au monde un, puis deux, puis trois enfants. Le tout s’est fait rapidement, en moins de quatre ans. Alors je vous reviendrai dans un autre article sur ce que ça a changé dans ma vie d’avoir des enfants! Cependant, je peux vous dire qu’après trois, la “shop” était fermée. Pas au sens propre encore, mais au sens figuré. Je regardais les autres nouveaux-nés sous un autre oeil. Sans désir de retourner là. Je regardais les femmes enceintes et je n’aurais pris leur place pour rien au monde. J’étais passée à autre chose. J’étais comblée par la famille que nous avions et chaque journée nous amenait vers d’autres horizons. Une nouvelle carrière, puis nous nous sommes mis en mode “déménagement vers le Texas”.

Or, il y a un truc dans la vie qui s’appelle l’horloge biologique. Tu connais? Eh bien ce concept s’est immiscé dans ma vie, dans ma tête, dans mon corps, dans mes tripes, dans mes émotions. Et c’est ainsi que trois ans après la petite dernière, je ne pensais qu’à une chose: compléter ma famille. Tout était soudainement un signe que nous n’avions pas terminé. Et c’est fort cette petite bête-là, car ça ne me quittait pas. Jamais.

De fil en aiguille, le projet s’est concrétisé. Martin était très anxieux face à ce changement et il imaginait tellement les pires scénarios que mon rôle est naturellement devenu celui de rassurer les troupes. En dedans cependant, ça brassait. Ses craintes m’envahissaient: est-ce possible d’avoir quatre enfants en santé? Est-ce que c’est elle qui nous privera de nos nuits à jamais? On se sortait enfin des couches, sommes-nous réellement de retour à la case départ? Est-ce que les coûts médicaux aux USA vont nous ruiner? Que ferons-nous si Trump nous enlève notre enfant car elle n’est pas Canadienne à la naissance (tu sais, quand tu absorbes les anxiétés de tout le monde…)?

Au coeur de tous ces questionnements, l’aventure était réelle. Plus que de faire un deuxième enfant au Québec quand tu connais le système de santé, le docteur, que tes parents habitent à côté et que tu connais le chemin.

Elle est née. Abigail Sol Rosalie Mercier-Marginean, 4e de ce nom, est venue au monde au Texas. Un accouchement parfait. Un bébé en pleine santé qui a fait ses nuits dès les premières semaines de vie. Une enfant qui a dissipé toutes nos craintes. Elle est entrée dans une maison qui avait trop de mains pour l’accueillir et lui donner ses biberons (moins pour changer les couches mais bon).

Ce que ça a changé? Un retour aux couches, aux biberons et aux purées, certes. Mais tellement autre chose! Une petite soeur pour les trois premiers – tout un coup de maturité. Un bébé pour l’aînée, qui ne pense qu’à avoir des enfants plus tard. Une nouvelle immense source d’amour au sein de notre famille. Abigail est la petite dernière, oui. Mais elle est aussi un projet commun. Contrairement aux trois premiers, qui vivaient chacun dans leur bulle de bébé, Abigail, c’est le résultat de papa, de maman, et des connaissances et habitudes transmises par le reste de la colonie de vacances!

Ting ting ting- mon cell me dit que l’autobus arrive. Avoir quatre enfants, c’est aussi apprendre à compartimenter sa vie au quart de tour!

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