L’apprentissage d’une langue étrangère pour les enfants

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Une des préoccupations qui vient avec l’expatriation de la famille dans un pays qui parle une autre langue, c’est biensûr l’apprentissage de ladite langue pour les enfants. On se demande comment ils feront, s’ils se débrouilleront, combien de temps ça leur prendra pour arriver à communiquer, etc. C’est normal, on vient de passer tellement de temps à leur enseigner le français! Au surplus, cette langue n’est souvent pas parfaitement acquise pour nous-même! Du moins moi, je n’étais pas parfaitement bilingue, contrairement à ce que mes notes d’anglais sur les bulletins d’école mentionnaient!

On me disait de ne pas m’en faire, qu’à leur âge ce sont des éponges. Je me souviens encore du premier jour ou j’ai laissé mes petits expatriés à la garderie pour la première fois. Mon Alexis était pendu à ma jambe et après avoir réalisé qu’il ne comprenait rien de ce qu’il se passait autour, m’a suppliée de ne pas le laisser là. C’est le coeur serré que je l’ai “abandonné” ce jour-là. Parce que j’avais foutrement peur, moi aussi, de ce qu’il allait se passer!

On avait pris des moyens pour s’aider, tout de même! Martin avait préparé des petits cartes dessins sur lesquelles les enfants pouvaient pointer une toilette, des aliments, un manteau, etc pour communiquer leurs besoins. On avait pratiqué avec ces cartes dans les jours précédents! Les profs étaient aussi munis de l’application de traduction vocale de Google! Le défi était qu’au surplus, nos enfants n’écrivaient pas encore! Il avaient 1, 3 et tout juste 5 ans.

Leurs progrès ont tôt fait de nous surprendre. En quelques jours, ils connaissaient quelques mots. En quelques semaines, ils se débrouillaient en anglais. En trois mois, ils parlaient parfaitement anglais, comme les enfants de leur âge. Martin et moi étions ébahis de ce progrès fulgurant!

C’est à ce moment qu’on a constaté le réel défi de vivre dans un pays qui parle une autre langue:

Plus les jours passaient, plus les enfants parlaient en anglais. On a essayé de renverser la vapeur en forçant l’écoute des émissions de télévision en français, la musique en français, les histoires en français. La “menace” est que tout ce qui se passait en dehors des murs de la maison était en anglais. C’était un tsunami de langue anglaise qui nous a fait constater qu’on se livrait à une bataille énorme.

Nous nous sommes abonnés à des envois mensuels de livres en français, nous sommes retournés au Québec le plus souvent possible, on a commandé les livres d’école primaire en français et on a instauré la règle de ne parler qu’en français à la maison, mais rien à faire: dès qu’on avait le dos tourné, l’anglais l’emportait.

Éventuellement, j’ai réalisé que ma troisième avait des problèmes de langage. Elle ne communiquait pas avec nous en français ou le mâchouillait. Souvent, au lieu de parler, elle tappait du pied ou criait son insatisfaction. On a consulté: le docteur a examiné son ouïe, l’orthophoniste l’a rencontrée, les professeurs ont parlé avec elle… Et tout le monde a tiré la même conclusion: “Votre fille n’a ni un problème d’audition, ni un problème de langage ou de développement. Elle a tout simplement choisi l’anglais comme langue première pour communiquer et le fait parfaitement en classe ou dans un environnement anglophone”.

Bam! Il est là, le réel défi de l’apprentissage de la nouvelle langue! C’est que leur cerveau, il choisit. Et malgré tous les efforts que l’on a fait, on en est là. Je dirais d’ailleurs que c’est l’une des rares raisons qui me donne parfois envie de rentrer au Québec: redonner au cerveau de notre cocotte un vent de fraîcheur francophone!

Maintenant, nous verrons ce qui arrivera de la petite dernière qui est née au Texas. Pour le moment, elle passe pratiquement ses journées à la maison, en français. “The struggle is real”, comme ils disent!

Pour en savoir plus sur la vie de mes enfants expats, je vous invite à consulter mon billet “Être un enfant expat”.

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